La rencontre


Deux personnes, cultures, collègues qui se rencontrent, travaillent ensemble, ne sont pas obligés de se comprendre immédiatement. Il suffit parfois qu'ils aient le temps de s'observer en contexte, de se jauger en gardant une certaine distance l'une par rapport à l'autre pour mieux s'approcher. Le théâtre permet de faire cette démarche, hors du cadre quotidien, des conduites habituelles, sans craintes de suites éventuelles, en offrant une multitude de possibilités de s'exprimer dans un cadre rassurant, dans un climat de détente qui permet de rendre les interactions et les échanges fructueux.

A travers les jeux de théâtre, les participants explorent les différentes réalités et vérités par le jeu, libérés des préjugés, des stéréotypes, des attentes. Il s'agit d'une nouvelle méthode d'accompagnement dans la rencontre. Les acteurs s'investissent dans de petites scènes qu'ils ont réalisées en commun. Ainsi l'interaction est source de plaisir et d'enseignement dans le cadre métaphorique du théâtre qui offre un espace de rencontre à la fois sur la scène et en dehors.  

Les jeux de théâtre rendent capable de changer de point de vue, de se voir soi-même avec les yeux d'autrui et de prendre conscience de sa propre position dans la société, l'entreprise avec les autres et à travers eux. Ils permettent de se projeter à la place de l'autre, de découvrir son cadre de référence*, d'être en empathie, décentré*, de dépasser ses propres filtres culturels. Ainsi, parvenu à une certaine forme de neutralité on peut mieux saisir le prisme culturel de son interlocuteur.

L'espace scénique n'est pas limité à l'environnement social, culturel, aux formes, aux techniques, aux mœurs individuelles ou collectives, il ouvre sur un champs plus vaste, un plan à part, une dimension sans limite de temps ni d'espace à travers lequel, le corps et l'esprit se meuvent, affranchis des contraintes morales, sociales, des préjugés, des stéréotypes. Le participant se retrouve alors dans une posture extra-quotidienne qui le pousse à trouver un nouvel équilibre, de nouveaux centres de gravité, appuis, et cette mobilisation de son être entier, interdit toute psychologie, favorisant la rencontre et le  processus d'acculturation entre les participants.

 
Il faut chercher une expression de notre être qui ait une valeur de libération, d’accomplissement. - En sortant de soi, on fait l’épreuve de ce qu’on est. - Nous nous affirmons au contact de ce qui s’oppose à nous.
(Louis Jouvet).


La décentration* est une démarche qui vise à dépasser sa représentation égocentrée / ethno-centrée du monde, à ne pas juger l'autre par rapport à sa grille de lecture culturelle personnelle. Il s'agit de se distancier suffisamment pour prendre conscience du cadre de référence de l'autre. Il est nécessaire de tenir compte de l'impact de ses propres filtres afin de parvenir à une forme de neutralité culturelle. En effet, prendre du recul permet de visualiser le rôle prégnant de sa culture dans la construction et la représentation de l'identité de soi et de son groupe (ethnocentrisme).


Le cadre de référence*: On peut comprendre le cadre de référence de l'autre, en s'intéressant à son système de valeur, d'attribution des rôles, de ses croyances etc. On fait appel à l'empathie qui est cette faculté de se mettre à la place de l'autre, pour mieux comprendre ce qu'il ressent, ce qu'il vit, quelles sont ses pressions, ses aspirations. ceci afin de mieux saisir l'univers de l'autre par l'intermédiaire de son prisme culturel, de son point de vue. Il est pour ce faire, nécessaire d'être dans un processus de décentration.

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